Cinq jours en Silicon Valley (le récit de ce que je n’avais pas imaginé)

Cet article a été à l’origine écrit sur mon profil Linkedin et publié sur Linkedin le 11 avril 2019.

Passer cinq jours en Silicon Valley et en revenir indemne est le challenge que je m’étais fixé.

Golden Gate Bridge et Réflexion (photo : Olivier Levigne)

Golden Gate bridge et réflexion. Photo Olivier Levigne

J’ai échoué, je suis revenu et je n’en suis pas indemne. C’est le récit ci-dessous.

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Nous nous sommes retrouvés, un groupe de huit, pour une « learning expedition » en Silicon Valley du 31 mars au 5 avril. Romain Buché, co fondateur de la société silicon-valley.fr, qui a organisé notre séjour et nous a accompagné, résumait son programme en 4 mots : Découvrir, Réfléchir, Construire, Agir.

J’ai découvert le garage des fondateurs de Hewlett Packard, j’ai découvert le superbe siège de Apple, j’ai découvert les bureaux de Google … j’ai découvert plusieurs espaces de cowork, originaux, spécialisés, dynamiques, sérieux et un peu déjantés à la fois comme l’illustre la photo d’un graffiti dans un espace de cowork spécialisé dans les objets connectés.

Intérieur de l'escpace de CoWork Hax, spécialisé objets connectés. (Photo Olivier Levigne)

Espace de CoWork Hax, spécialisé dans les objets connectés. Photo Olivier Levigne

J’ai découvert des hommes d’affaires, leurs histoires, leurs personnalités et la présentation de leurs projets respectifs ; j’ai découvert des concepts stores et des objets connectés par centaines, j’ai découvert la grandeur et la splendeur de l’université Stanford.

Et j’en oublie …

J’ai réfléchi à la manière dont les affaires sont conduites. Oui, j’ai été un peu bousculé car cette ambiance de ruée vers l’or bouscule forcément. Les récits étaient captivants et à chaque fois, quand il fallait passer à la séance suivante, j’ai regretté que cela ne durait pas plus longtemps.

Maintenant, il me reste à construire. Construire une approche « différenciante » pour mon agence et surtout une approche qui correspond bien à ce que je veux faire, puis construire avec mes clients les scénarios du succès. Il faut maintenant enclencher le changement. Il faut passer à l’action.

Je m’attendais à ça. J’ai eu ce à quoi je m’attendais. Donc je pourrais dire « contrat rempli ».

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Mais le fait est que le contrat est plus que rempli ; je pensais revenir changé mais indemne, ce ne fut pas le cas, ce que je décris ci-dessous.

Description de ce que je n’avais pas imaginé.

Il y a en Silicon Valley, un croisement de trois vecteurs. Des compétences en « Tech » inégalées en nature comme en nombre dans aucun autre endroit sur la planète, du « fric » plus qu’il n’en faut avec la trésorerie des leaders comme avec les fonds des Venture Capital et enfin, troisième vecteur, une sérieuse alchimie de management innovant, de jeunesse et d’esprit de conquête. Ces trois vecteurs se rencontrent et sont la clé de tout. Ils peuvent se retrouver ailleurs mais pas dans de telles proportions. Le modèle de la Silicon Valley ne peut pas vraiment se reproduire, ni s’imaginer être reproduit du fait de son ampleur. Il ne peut qu’être copié à échelle réduite. Imaginer la Silicon Valley quelque part ailleurs en France ou en Europe, à mon avis : impossible aujourd’hui.

Cinq jours à San Francisco et en Silicon Valley et l’envie de s’y installer ? Non plus. La ville est sympa, elle est très belle même si par certains côtés, elle choque. On découvre des quartiers divers et variés au hasard des balades, colorés, iconiques.

Colombus Street au petit matin, vue sur le sentinel building (à droite) et la Transamercia pyramid (à gauche)/ photo Olivier Levigne

Colombus street au petit matin. Photo : Olivier Levigne

Et puis les banlieues au sud ou au nord sont des banlieues américaines typiques. J’aime m’y balader mais je n’ai pas eu le coup de foudre suffisant. Et enfin, sans parler d’âge, je suis un homme de marketing, et j’ai cru constater que ceux qui font fortune en Silicon Valley, sont des hommes de la tech. Peut-être y aurait-il débat sur ce sujet ? C’est mon constat personnel.

Revenir en pensant que le modèle n’est pas transposable, revenir en se disant que je n’irais pas s’y installer, c’est déjà pour moi deux petits échecs, mais le principal constat est encore ailleurs.

***

Il y a une chose qui transpirait dans les récits des hommes d’affaires de la Silicon Valley, c’est leur envie de changer le monde. Les hommes et les femmes qui percent en Silicon Valley non seulement ont eu l’envie de changer le monde mais la réalité est qu’in fine, ils sont en train de le faire. On connait tous Larry Page, Marc Zuckerberg, Elon Musk, on a tous admiré Steve Jobs, mais il y en a des milliers d’autres à toutes les échelles.

J’ai aimé l’histoire du créateur de Udemy, un jeune turc passionné de maths, de jeux d’échec et qui veut offrir la possibilité de se former à tous ou bien celle du créateur de l’incubateur/accélérateur PlugAndPlay, un boutiquier iranien qui vendait des tapis. Ces deux entreprises pésent chacune plus d’un millard. Ces deux histoires ont été racontées par des employées de ces deux organisations ; elles les ont toutes les deux très bien racontées.

Mais j’ai entendu d’autres histoires d’entreprises racontées par le créateur lui-même.

La volonté de restaurer l’harmonie de couple par une application, le désir de « disrupter » (ça y est le mot est sorti) le monde des Ressources Humaines ou bien apporter une solution pour plus d’autonomie aux enfants, notamment ceux qui ont une défaillance, avec une montre connectée : trois exemples de motivation, découverts dans les récits de Julien, Denis et Sam (s’ils me lisent, ils se reconnaitront) qui avaient une chose en commun. Une volonté de changer le monde. Les trois protagonistes pourraient ne pas être d’accord avec moi, mais j’en suis désolé, ce fut mon ressenti.

Dominique Piotet, le co fondateur de la société silicon-valley.fr et dirigeant de Faber Novel USA nous a très bien expliqué pendant notre séjour qu’il se passe peut être aujourd’hui en Silicon Valley, ce qui s’est passé à Venise au moment de la renaissance. Les caisses d’épices ne se déchargent pas sur les docks mais les applications associant intelligence artificielle et algorithme secret en passant par la réalité augmentée, entre autres, sont en train de bouleverser le monde comme le commerce vénitien l’a fait en son temps.

Visiter la Silicon Valley, c’est un voyage dans le temps. C’est regarder le futur, c’est se replonger dans le passé. Comprendre les révolutions de l’humanité, la révolution cognitive qui a différencié Sapiens des autres hominidés, comprendre la révolution agricole, il y a 12000 ans, comprendre la Renaissance, comprendre la révolution scientifique, l’impact de l’invention de l’imprimerie (l’autre grande révolution du savoir), comprendre l’Homme …

Vous allez dire que j’exagère. La lecture de Sapiens de Yuval Noah Harari est encore peut être trop présente à mon esprit.

Revivre ses cours d’histoires, redécouvrir la ruée vers l’or et la conquête de l’ouest, le rôle de la Wells & Fargo, compagnie de diligences devenue banque, le train et le rôle d’un certain Stanford, la révolution Hippie et se replonger dans le « summer of love » de 1967 pour accepter que la Silicon Valley soit en effet unique.

Wells Fargo, banque à San Francisco. Photo : Olivier Levigne

Une agence de la Wells Fargo, San Francisco. Photo Olivier Levigne.

Passer au-delà du mythe des garages de startup et ne pas compter les milliards de trésorerie des entreprises comme Google, Apple et Facebook ou autres mais simplement voir le monde comme il sera dans cinquante ou cent ans. Je crois que c’est à San Francisco et dans ses environs que s’écrit aujourd’hui le monde futur.

Toujours en citant Dominique Piotet, je garde en mémoire une phrase à priori typique de la Silicon Valley : « si ça semble une mauvaise idée, c’est à creuser » … j’aime cette phrase. La puissance de cette phrase nous fera résolument avancer.

Si on croit que le Digital est une révolution, et c’est mon cas, c’est à San Francisco et dans ses environs qu’on rencontre aujourd’hui tout le génie humain pour faire cette révolution et réinventer l’humanité. Et ça, je ne l’avais pas vraiment imaginé. Il faut visiter la Silicon Valley. Je suis de ceux qui pensent qu’on en revient pas indemne.

Olivier Levigne, 10 avril 2019.

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À propos de olivier.levigne

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